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DISC de Marston
Proposer une nuance
MBTI

C'est quoi le profil MBTI ?

· 4 min de lecture

Femme assise sur le rebord d'une fenêtre ouverte, songeuse

Un profil MBTI, c’est le résultat d’un questionnaire qui vous attribue un code de quatre lettres parmi seize possibles, censé refléter vos préférences de fonctionnement. Vous en avez sans doute déjà croisé un : en formation, sur les réseaux sociaux, ou dans la bouche d’un collègue qui vient de découvrir qu’il est INFJ. Voici ce que ce code représente réellement, et ce qu’il ne représente pas.

D’où vient le MBTI

Le Myers-Briggs Type Indicator a été construit dans les années 1940 par Katharine Cook Briggs et sa fille Isabel Briggs Myers, en s’appuyant sur les travaux du psychiatre suisse Carl Jung sur les types psychologiques. Ni l’une ni l’autre n’était psychologue de formation, une critique régulièrement adressée à l’outil. L’idée de départ : au lieu de mesurer une compétence ou une performance, mesurer une préférence — la façon dont vous êtes naturellement porté à fonctionner, pas la façon dont vous êtes capable de fonctionner si la situation l’exige.

Les quatre dimensions qui composent un profil

La première dimension oppose extraversion et introversion : d’où tirez-vous votre énergie, du monde extérieur ou de votre monde intérieur ? La deuxième oppose sensation et intuition : préférez-vous les faits concrets et vérifiables, ou les idées et les possibilités ? Ce sont deux façons différentes de recueillir l’information, ni supérieures ni inférieures l’une à l’autre.

La troisième dimension oppose pensée et sentiment : tranchez-vous sur des critères logiques, ou en tenant compte des personnes et des valeurs en jeu ? La quatrième oppose jugement et perception : organisez-vous votre vie à l’avance, ou préférez-vous garder de la marge pour vous adapter en cours de route ? Chaque réponse à ces quatre questions vous positionne sur une lettre, et les quatre lettres réunies forment votre profil.

Un profil, pas une étiquette

Un point mérite d’être répété : tous les types sont égaux. Aucun n’est supérieur à un autre, aucun n’est plus « adapté » au monde du travail. Un profil MBTI n’est pas une définition figée de qui vous êtes, mais une photographie de vos préférences à un instant donné — utile pour se comprendre, pas pour se classer.

Je le vois par exemple avec deux managers qui gèrent leurs équipes très différemment sans que l’un ait tort et l’autre raison : l’un structure ses points hebdomadaires à la minute près, l’autre laisse volontairement de la place à l’imprévu. Le profil de chacun explique cette différence sans la juger — et c’est justement ce qui rend l’outil utile en équipe.

Pourquoi connaître son profil peut servir

Comprendre son profil aide d’abord à se comprendre soi-même : pourquoi telle réunion vous vide de votre énergie alors qu’elle stimule votre voisin, pourquoi vous avez besoin de préparer une intervention à l’écrit plutôt que de l’improviser à l’oral. Ce n’est pas un luxe de développement personnel, c’est une manière concrète d’anticiper ce qui vous coûte de l’énergie et ce qui vous en donne.

Je le vois souvent en entretien annuel : deux collaborateurs à qui vous donnez le même retour ne l’entendent pas de la même façon. L’un veut du concret et des exemples chiffrés, l’autre veut comprendre le sens et l’impact humain de sa mission. Le profil MBTI donne des mots pour nommer cette différence, sans en faire un jugement de valeur.

Ça aide ensuite à comprendre les autres. Un manager qui sait que son équipe compte des profils très différents dans leur façon de décider n’attend pas la même chose d’un entretien avec l’un et avec l’autre. Il adapte sa manière de poser les questions, pas ses exigences sur le fond.

Un exemple concret : la réunion de cadrage

Deux personnes autour de la même table, au lancement d’un projet. La première veut la liste des étapes, les dates et les responsables avant de valider quoi que ce soit : elle a besoin de concret pour s’engager. La seconde veut d’abord parler de la direction générale et des options qu’on n’a pas encore explorées ; entrer trop tôt dans le détail lui donne l’impression de refermer le sujet.

Sans grille de lecture, chacune trouve l’autre pénible, l’une « tatillonne », l’autre « dans les nuages ». Avec les mots du modèle, la différence redevient gérable : on traite la direction en début de réunion, le détail ensuite, et la discussion cesse d’être un bras de fer. C’est souvent ce déclic que provoque un test MBTI passé à plusieurs.

Ce qu’un profil MBTI ne fait pas

Le profil MBTI ne diagnostique rien. Il ne mesure ni votre intelligence, ni vos compétences, ni votre potentiel de réussite. Ce n’est pas non plus un outil de tri : l’utiliser pour départager des candidats à un poste, c’est lui faire dire quelque chose qu’il n’a jamais prétendu mesurer, et c’est souvent le candidat qui en paie le prix, pas la méthode elle-même. Les règles d’usage de l’instrument écartent d’ailleurs explicitement les décisions d’embauche.

Je travaille de mon côté avec le modèle DISC de Marston, qui pose une question différente : pas « quelle est votre personnalité de fond », mais « comment vous comportez-vous, observablement, dans telle situation de travail ». Les deux outils peuvent se compléter, à condition de ne pas les confondre. Si vous voulez voir comment les 16 types se déclinent concrètement, j’y consacre un autre article.