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DISC de Marston
Proposer une nuance
Leadership et management

Team building avec le DISC

· 4 min de lecture

Équipe d'aviron à quatre ramant en cadence

Un DISC bien utilisé change ce qui se passe pendant un team building. Mal utilisé, il devient une étiquette qu’on colle sur les gens le temps d’un après-midi, et qui ne sert plus à rien le lundi suivant. J’ai vu les deux versions se dérouler dans la même salle, à quelques mois d’écart, chez le même client — la différence ne tenait pas à l’outil, mais à ce qu’on en faisait avant, pendant et après.

Ce que le DISC apporte réellement à un team building

Le DISC n’est pas un test de personnalité qui range les gens dans des cases. C’est un langage commun pour parler de ce qui, d’habitude, reste implicite dans une équipe : pourquoi telle personne coupe la parole en réunion, pourquoi telle autre revient toujours avec des questions de détail, pourquoi un troisième a besoin de plusieurs jours pour digérer un changement avant de s’y mettre. Utilisé pour un team building, il donne un vocabulaire neutre à des tensions qui, sans lui, se règlent souvent par des jugements de valeur : il est autoritaire, elle est lente, il ne s’engage jamais.

Les quatre profils, version terrain

Voici comment ces quatre tendances se traduisent concrètement dans une équipe — pas dans un manuel.

Dominance

En réunion, c’est souvent la personne qui pousse pour conclure avant que le sujet soit épuisé. Elle avance vite, tranche, et s’impatiente devant un tour de table qui s’éternise. Le risque en team building : si l’activité traîne ou si elle se sent spectatrice, elle décroche.

Influence

C’est celle qui relance la discussion quand elle stagne et qui connaît déjà le prénom de tout le monde en fin de journée. Elle carbure aux échanges informels et à la reconnaissance publique. Le risque : sans structure, elle peut noyer une activité sous les digressions.

Stabilité

Elle préfère observer avant d’intervenir et n’aime pas être mise sur le devant de la scène sans préavis. Dans un team building, c’est souvent elle qui tient le groupe soudé quand une activité tourne mal. Le risque : la brusquer avec un exercice improvisé la met en retrait.

Conformité

Elle veut comprendre les règles du jeu avant d’y entrer et pose les questions que personne d’autre n’a pensé à poser. Elle sécurise les activités qui demandent de la rigueur — un escape game, un jeu de logique. Le risque : une activité trop floue ou trop freestyle la met mal à l’aise.

Repérer les profils avant le jour J

Un test DISC en ligne donne une base, mais ne remplace pas ce que vous observez déjà en réunion : qui parle en premier, qui attend d’être sollicité, qui recadre systématiquement sur les délais. Si vous faites appel à un coach pour préparer le séminaire, son rôle n’est pas de vous fournir un rapport de plus — c’est de vous aider à lire ce que vous voyez déjà et à en tirer un programme d’activités cohérent, pas une accumulation d’animations sans lien entre elles.

Construire des activités qui parlent à chaque profil

Une fois les tendances dominantes de l’équipe identifiées, la question n’est plus quelle animation est à la mode mais quelle activité met en valeur ce dont cette équipe a besoin.

  • Pour les profils Dominance : des jeux à enjeu clair, un minuteur, un objectif chiffré. Pas d’activité contemplative sans ligne d’arrivée.
  • Pour les profils Influence : des formats où la parole circule — improvisation, brainstorming en petites équipes. Évitez les tâches solitaires et silencieuses.
  • Pour les profils Stabilité : des activités qui demandent de la coopération sur la durée — cuisine, construction. Laissez le temps de s’installer avant de lancer le chronomètre.
  • Pour les profils Conformité : des exercices avec des règles précises et un résultat mesurable — escape game, résolution de problème structurée.

L’erreur que je vois le plus souvent

Elle n’est pas dans le choix des activités. Elle est dans ce qui se passe — ou plutôt ne se passe pas — après. Une entreprise organise un séminaire, tout le monde repart content, et rien ne change dans la façon de travailler ensemble le mois suivant. Le team building devient alors une parenthèse agréable et coûteuse, pas un levier.

Ce qui fait vraiment la différence après le séminaire

Le lendemain du team building n’est pas la fin du travail, c’est le début. Trois choses font la différence dans la durée :

  • Un bilan court, écrit et partagé — pas un rapport de vingt pages que personne ne relira, mais deux ou trois constats concrets et un engagement par personne.
  • Des équipes recomposées en tenant compte des complémentarités observées, pas seulement de la logique hiérarchique.
  • Un point d’étape un mois plus tard pour vérifier ce qui a tenu et ce qui est retombé.

Adapter son management, pas seulement son team building

Le DISC ne s’arrête pas à la sortie du séminaire. Un manager qui a compris qu’un collaborateur a besoin de détails écrits avant une réunion, et qu’un autre préfère un échange informel avant toute décision, gagne un temps considérable sur la durée : moins de malentendus, moins de réunions qui dérapent parce que deux personnes ne parlent pas le même langage. C’est le sujet de Leadership et évaluation DISC, si vous voulez aller plus loin sur votre propre style de management.

Un team building avec le DISC ne vaut que par ce qu’on en fait avant et après. L’activité n’est qu’un prétexte pour observer une équipe autrement — encore faut-il s’en servir. Pour des idées d’activités qui ne datent pas de la dernière mode, voir Le team building en entreprise : tendances et idées qui fonctionnent vraiment.